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Poète français, auteur du Parti pris des choses, qui dans sa poésie tenta d’abolir la distance entre le mot et la chose qu’il désigne.
Né dans une famille protestante aisée de Montpellier, Francis Ponge passe pour avoir eu une enfance sereine. Après un double échec à la licence de philosophie et à l’École normale supérieure, il adhère au Parti communiste. Il commence à écrire, mais se tient à l’écart du monde littéraire. En 1931, il entre comme employé aux messageries Hachette et doit dès lors se discipliner pour se consacrer chaque jour à l’écriture. Délégué syndical, militant communiste, il perd son emploi lors des grèves de 1936 et, en 1940, quitte Paris pour s’engager dans la Résistance.
La publication, en 1942, du Parti pris des choses le révèle comme un écrivain de grand talent. Ce recueil pose les principaux éléments de son projet poétique et le place dès lors en marge : en marge de la poésie convulsive et de l’écriture automatique prônées par les surréalistes, en marge aussi de la dimension épique d’un Saint-John Perse ou encore de cette forme de sacré qu’on peut trouver chez René Char. Dans ce recueil, Ponge choisit en effet d’être le poète du quotidien, du matériel, des objets et des choses (« l’Huître », « le Savon », « l’Orange », « la Cruche », « l'Appareil du téléphone »). Loin de percevoir et de montrer le monde à travers sa subjectivité de poète, Ponge « prend le parti des choses », et cherche ainsi à leur donner par les mots la possibilité d’une expression, d’une existence.
Le poème, sorte d’équivalent neutre de l’objet, devient alors un véritable objet littéraire, un « objeu ». Par une savante et complexe utilisation de l’étymologie, de la graphie, des sons, des jeux de mots, des figures, la poésie de Ponge devient une sorte de redoublement du réel, qui cherche à abolir la distinction entre le mot et la chose.
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