Je me souviens encor, ce n’est pas si lointain
De nos premiers écrits, de nos premiers accords
Comme une symphonie, approchant nos deux corps
Je me souviens si fort, nous allions vers demain.
L’un à l’autre s’offrant, dans un désir certain
En partageant la flamme, épistolaire alors
Entretenant les liens, qui se nouaient dès lors
Et découvrant bien plus, en lui tendant la main.
Le flamboiement hâtif, de cet ardent augure
Aurait pu s’effacer, attisant la blessure
Que les regrets dévorent; perdre un amour vous brise.
Mais le destin veillait, il était sur nos têtes
Il étendait son aile et posait sa balise
Il scellait nos destins, nos âmes de poètes. |