J’ai d’abord vu la braise tout au fond de tes yeux,
J’ai senti la chaleur et ressenti ce feu ;
Ce feu à l’intérieur qui incendiait mon corps,
Ce corps que n’apaisait que plus de feu encore.
Brûler m’était égal, mais à condition que
Cette flamme dans tes yeux me brûle à petit feu.
J’ai entendu mon cœur crépiter sous ton feu,
Rougeoyer, s’enflammer et partir en fumée…
Cette fumée m ‘entourait et me brûlait les yeux,
Et mes larmes qui coulaient me cachaient ce brasier.
J’aurais pu y périr et n’y souffrir qu’un peu,
Mais sa flamme assassine ne me tue qu’à petit feu.
Feu de Bengale d’abord, aveuglée de couleurs,
J’étais émerveillée de toutes ces étincelles ;
Feu de joie qui, hélas, n’aura été qu’un leurre,
Car le feu de ton phare vers les récifs m’appelle.
Un feu de paille trop bref, oui mais un feu de ceux
Dont les braises ne s’éteignent jamais qu’à petit feu.
Ces cendres, éclats de nous, chaque jour m’assassinent,
Et ce feu, là, en moi ne me réchauffe plus.
Il ne fait que brûler dans un âtre fait de ruines,
Consumant peu à peu les murs de mon corps mis à nu.
Paradoxe, car ces flammes brûlent en moi toujours mieux
Lorsque moi je m’éteins chaque jour à petit feu…
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